LES ETUDES

Tout d’abord, lorsque le site potentiel a été identifié, Intervent réalise une enquête de servitudes techniques. Les servitudes aéronautiques font partie des plus fortes contraintes allant à l’encontre des projets éoliens. En effet, les éoliennes doivent être compatibles avec les conditions relatives à la circulation aérienne civile et militaire. Elles ne doivent pas gêner la circulation aérienne et ne doivent pas perturber les transmissions radioélectriques nécessaires à la navigation aérienne. La compatibilité des éoliennes avec ces différentes servitudes a été étudiée par l’analyse des cartes aériennes ainsi que par le biais de la consultation des services de l’Etat concernés, la DGAC (Direction Générale de l’Aviation Civile) et l’Armée de l’Air (Ministère de la Défense). D’autres services sont consultés tels que Météo-France, l’Agence Nationale des Fréquences (ANFR), l’Agence Régionale pour la Santé (ARS)...

Quand les services ont été consultés et qu’aucune servitude n’empêche le développement d’un projet éolien, Intervent lance la rédaction des études. Toute construction de parc éolien nécessite de nombreuses études dans différents domaines. Ci-après, vous trouverez essentiellement les grandes thématiques (Paysage, Acoustique et Milieu Naturel).

PAYSAGE

L'appréciation des éoliennes dans le paysage résulte d'un jugement subjectif.
L'homme a depuis des millénaires fait évoluer le paysage et transforme ce bien commun en fonction de son mode de vie, de ses besoins… L'objectif est de créer un nouveau paysage en harmonie, avec le lieu d'implantation.

Insertion des éoliennes dans le paysage

Dès le début du projet, une attention particulière est portée à l'implantation du parc éolien dans le paysage. Le volet paysager constitue un chapitre essentiel de l'étude d'impact. Il comprend de nombreux photomontages mais également des coupes et des cartes de visibilité permettant de visualiser de manière précise le projet dans son environnement. Les études sont réalisées une fois les implantations définies et mises à disposition.

Les éoliennes : des outils de développement durable

Les paysages ont accepté depuis longtemps la présence d’infrastructures comme les lignes électriques à haute-tension et leurs pylônes (plus de 100.000 km), les châteaux d’eau (plus de 25.000), les autoroutes (plusieurs milliers de kilomètres), les silos à grains, ou plus récemment les émetteurs pour la téléphonie (10.000 environ).
Les éoliennes s'inscrivent dans cette lignée d'équipements. Mais, outre le fait qu'elles produisent de l'électricité d'une manière propre et durable, elles constituent avant tout des outils de développement local, et comme toute activité économique qui s'inscrit dans un territoire, les parcs éoliens y transfèrent sous forme fiscale une partie des revenus qu'ils génèrent.

Reconnaissance patrimoniale : et pourquoi pas les éoliennes ? 

En France, plusieurs dizaines de moulins à vent sont protégés au titre des monuments historiques. 
La reconnaissance de la valeur patrimoniale s'établit avec le temps, de nombreuses infrastructures (ponts, gares, usines, ensembles immobiliers...) font maintenant l'objet de protections. Alors pourquoi pas un jour certains parcs établissant des rapports particulièrement pertinents avec les sites dans lesquels ils s'inscrivent ? A titre d'exemple, le viaduc de Millau atteint 300 m de haut, et des touristes venant de toute l'Europe s'arrêtent pour l'admirer et franchir les Gorges du Tarn !

Une large acceptation de l'éolien par les riverains et les français en général

Selon le sondage réalisé en mai 2016 par l'Institut français d'opinion publique (Ifop), plus de 3/4 des Français, y compris les riverains de parcs, ont une image positive de l’éolien. 
Pour ceux qui habitent à moins de 1.000 mètres d’un parc, 49% des personnes interrogées ont une très bonne image de l’éolien, 26% une bonne image. Ils ne sont que 7% à avoir une très mauvaise image de cette énergie. Ces chiffres sont très proches de ceux constatés auprès du grand public : 45% ont une très bonne image, 32% une bonne image et 7% une très mauvaise image…

Milieu naturel

L’énergie éolienne a un impact positif global sur le milieu naturel. En effet, la production d’électricité à partir d’éoliennes évite l’émission de gaz à effets de serre et participe ainsi à la protection de la biodiversité.

Pour sélectionner des sites éoliens, Intervent fait une recherche documentaire en consultant les inventaires faune-flore dans chaque région, les documents cadres dédiés à l’éolien et plus généralement toute la bibliographie disponible. 

Dans un deuxième temps, une étude spécifique externe permettant de comprendre le fonctionnement écologique du site est réalisée. L’étude écologique repecte une méthodologie définie dans le guide de l’étude d’impact. Ainsi, de nombreuses sorties sont réalisées au cours du cycle biologique et concernent l’ensemble des espèces faune-flore. Néanmoins, une attention particulière est portée à l’avifaune et les chiroptères, potentiellement sensibles dans le cadre d’un projet éolien. Il est à noter que les lignes électriques haute et moyenne tension représentent la principale cause de mortalité des oiseaux contrairement au taux de mortalité pour un parc éolien qui est très faible (cf. tableau).

Cause de mortalité Taux 
Ligne électrique haute tension (> 63 kv) 80 à 120 oiseaux/km/an : réseau aérien de 100 000 km
Ligne moyenne tension (20 à 63 kv) 40 à 100 oiseaux/km/an : réseau aérien de 460 000 km
Autoroute, route Autoroute  30 à 100 oiseaux/km/an ; réseau terrestre de 10 000 km
Parc éolien 0 à 3,4 oiseaux/eolienne/an

 

Suite à ces recherches bibliographiques et à l’étude écologique, les zones dites « sensibles » sont évitées. Toutefois, selon les spécificités du secteur et selon la présence d’éléments structuraux (haies) pouvant favoriser la présence d’oiseaux ou de chiroptères, des mesures spécifiques peuvent être prises (bridages des éoliennes).

Après la mise en service du parc éolien, un suivi régulier de la mortalité des espèces est mis en place.

ACOUSTIQUE

Les bruits perceptibles par une éolienne sont d’origine mécanique ou aérodynamique ; le bruit mécanique, qui était perceptible avec les premières éoliennes, a aujourd'hui été considérablement réduit, voire a disparu. 
Le bruit aérodynamique, provoqué par le passage des pales devant le mât, a également été fortement réduit par l’optimisation du design des pales, et des matériaux qui les composent.
Le niveau sonore d’une éolienne se stabilise lorsque le vent atteint une certaine vitesse. Au-delà de cette vitesse, le niveau sonore du vent continue à  augmenter alors que celui de l’éolienne reste stable. Le bruit du vent vient alors couvrir celui de l’éolienne.

Les parcs éoliens sont soumis à des exigences strictes en matière d’émissions sonores

La France est le pays où la réglementation sonore des éoliennes est la plus stricte. Depuis l’arrêté du 26 août 2011(1), les éoliennes, y compris celles mises en service avant cette date, sont soumises à la législation des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE).
Cette législation s’appuie sur un « indicateur d’émergence » qui impose au parc de ne pas générer un niveau de bruit supérieur à 5 décibels le jour et 3 décibels la nuit par rapport au niveau de bruit qui existait avant l’implantation du parc.

Des études acoustiques prévisionnelles

Dans le cadre de l’étude d'impact, une étude acoustique très précise est réalisée avant la construction du parc.
Cette étude se base sur une campagne de mesure des niveaux de bruits résiduels (bruit avant projet) réalisée sur une période allant de 2 à 4 semaines au niveau des habitations les plus proches des éoliennes prévues. 
Puis une modélisation informatique à l’aide de logiciels professionnels est réalisée par des spécialistes afin de calculer la contribution sonore du projet (éoliennes en fonctionnement) et de valider la conformité du parc avec les textes de lois en vigueur.
Les services de l’Etat valident ces calculs avant de donner les autorisations.

Des mesures et contrôles post-construction

Une seconde étude acoustique est faite, une fois le parc éolien construit, avec les éoliennes arrêtées et en fonctionnement, ce qui permet de comparer avec les résultats prévisionnels.
Si le parc n’est pas conforme aux normes en vigueur, un plan de bridage des éoliennes ayant pour effet la réduction de la puissance des éoliennes selon la vitesse du vent, sa direction et les critères horaires est mis en place afin de réduire les émergences sonores.     
Ces contrôles sont prévus sous la responsabilité du Ministère de l’Environnement, en lien avec la réglementation.
Dans l’éventualité d’un non-respect de la réglementation, les sanctions prévues par le Code de l’Environnement s’appliquent et peuvent conduire à l’arrêt des éoliennes responsables d’émissions sonores trop importantes.

Des éoliennes plus puissantes mais moins bruyantes 

Les éoliennes d’aujourd’hui n’ont rien à voir avec celles du début des années 90. Les éoliennes font l’objet de perfectionnements techniques permanents pour réduire toujours plus le bruit. 
La dernière avancée s'inspire de la nature et plus précisément du hibou. Celui-ci, contrairement à d'autres oiseaux, est capable de voler et de chasser en silence. Comment et pourquoi ? 
Ses plumes ont, tout au bout, des petits crochets disposés en peigne qui créent des tourbillons dans l’air et atténuent le bruit. 
Les ingénieurs ont donc équipé le bout des pales avec des peignes afin de rendre les éoliennes moins bruyantes. 

L’équivalent d’une conversation chuchotée ...

A une distance de 500 mètres (distance minimale entre une éolienne et des habitations), le volume sonore d’une éolienne en fonctionnement s’élève, à l’extérieur d’une habitation, à 35 décibels(2), soit l’équivalent d’une conversation chuchotée, tandis que le niveau gênant de bruit se situe autour de 60 décibels et les premiers risques pour la santé autour de 90 décibels.

L'étude de sol

L’étude de sol est réalisée après autorisation du projet éolien.  Il s’agit d’une étude géotechnique de conception en phase avant projet (la mission est normalisée). Dans un premier temps, la mission consiste à recueillir et analyser les données disponibles sur le site (étude documentaire). Puis dans un second temps, de réaliser des investigations géotechniques spécifiques adaptées au site et au projet :

  • plusieurs sondages sont effectués
  • prélèvement d’échantillons pour l’analyse du sol

Suite à ces résultats, un inventaire des risques connus ou prévisibles est réalisé. Le rapport final est ensuite composé de la définition et de la comparaison des solutions envisageables, pour les ouvrages géotechniques (terrassements, fondations...) et de la proposition d’éventuelles mesures préventives pour la réduction des risques géotechniques identifiés.

L'étude d'accès

Le réseau routier local, départemental ou national est utilisé par les convois exceptionnels pour acheminer les éléments des éoliennes sur le site d’implantation. L’accès au site peut se faire par les axes desservant toute la région. Il existe souvent plusieurs variantes d’accès. A quelques endroits, des virages devront être aménagés afin de permettre le passage des convois exceptionnels.
Une étude détaillée est réalisée avant le montage des éoliennes afin de valider définitivement la solution d’accès proposée et de préciser les aménagements et accords requis comme le démontage provisoire de pancartes ou autres lorsque cela s’avère nécessaire.

L'étude de raccordement

Après obtention du permis de construire, Intervent demande une autorisation de raccordement au réseau électrique. Les travaux de raccordement peuvent durer de 6 mois à 1 an. Cette période d’attente est utilisée pour préparer le chantier. Enfin, la construction du parc éolien peut commencer.